Le pic de St-Guiral (de la forme occitane Géraud, Gérald) culmine à 1366 m d'altitude. Ce gros rocher de granit, dans le prolongement de la chaîne du Lingas, haut de 50 m, surgit au milieu de la forêt. Une fois dessus, le panorama s'étend, par temps clair, jusqu'à la Méditerrannée.

Vers 1885, beaucoup de Paroisses organisaient, le lundi de Pentecôte, des pèlerinages : une messe était célébrée sur des autels de granit et, aux vêpres, la bénédiction d'un bouquet de renoncules appelées aussi « pieds de corbeaux » préservait les troupeaux des maladies. On dit aussi que les filles cherchant un mari, participaient au pèlerinage.

La magie du St Guiral, c'est aussi la légende des trois ermites :

Trois frères aimaient en secret la même jeune fille, Irène de Rogues. Pressée par chacun des jeunes hommes, elle ne parvenait pas à fixer son choix. Après avoir réfléchi, enfin, elle décida de leur demander de participer à la croisade : au retour, elle épouserait celui qui se serait particulièrement distingué par son courage et sa bravoure.

Les années passèrent. Les troubadours qui chantaient les hauts faits des croisés ne parlaient jamais des trois chevaliers. Alors, consumée de chagrin, l'amoureuse indécise rendit l'âme.

Au moment où le cortège funèbre s'acheminait vers le cimetière, les trois frères survinrent... trop tard. En proie au plus grand désespoir, ils décidèrent sur le champ de se consacrer à la vie érémitique. Chaque année, pour commémorer ce triste anniversaire, ils allumèrent un feu depuis leurs retraites respectives, situées sur les principaux sommets de la région.

Pendant quelques années, les populations purent contempler trois brasiers, puis deux seulement, puis un seul, celui de St Guiral... et enfin, plus aucun.

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